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Titre du Film:      Obsession

Obsession

Thriller

Réalisation : Brian De Palma

Distribution : Cliff Robertson, Geneviève Bujold, John Lithgow

Durée 96'

1976

Couleurs

Version Originale Sous-titrée

L'histoire :

Nouvelle-Orléans, 1959. Michael Courtland, un riche promoteur immobilier, fête avec sa compagne Elizabeth, leurs dix ans de mariage. Sitôt la soirée terminée, leur vie bascule. Enlèvement de sa femme et de sa fillette, Amy, demande de rançon, remise de la rançon qui tourne mal, fuite des ravisseurs et accident qui coûtent la vie aux deux otages… 1975. Rongé par la culpabilité, Michael est inconsolable. En voyage en Italie, à Florence avec son ami et collaborateur, Robert LaSalle, il retourne dans l'église où, des années auparavant, il avait rencontré Elizabeth (sa pierre tombale en est d'ailleurs l'effigie) pour la première fois. Là, il découvre émerveillé le sosie de la défunte. Troublé, il ose l'approcher, la courtiser. La jeune fille, étudiante en histoire de l'art, se nomme Sandra Portinari. Amoureux d'elle, Michael la ramène à la Nouvelle Orléans, avec l'intention de l'épouser…

Un itinéraire psychologique et sentimental bouleversant, une machination hitchcockienne pour un suspense exacerbé.

Michael Courtland (Cliff Robertson) est un heureux promoteur de La Nouvelle Orléans. Il a épousé la charmante Elizabeth (Geneviève Bujold) et a une  fillette, Amy (Wanda Blackman), âgée de 9 ans. Mais un soir, après une fête donnée en l'honneur de leur dixième anniversaire de mariage, tout bascule. Sa femme et sa fille sont kidnappées et une forte rançon est demandée. Aidé par son associé, Robert Lasalle (John Lithgow), Michael réunit la somme, mais, sur le conseil de la police, place un émetteur radio dans la valise des billets. Cernés par les autorités, les truands fuient en voiture en emmenant les deux captives. Mais un camion citerne barre la route et c'est l'explosion. Seize ans plus tard, inconsolable, Michael se rend à Florence où il a connu Elizabeth. Dans une église, il aperçoit avec stupéfaction une jeune femme occupée à restaurer une fresque : elle est le portrait de son épouse...

L'année 1976 voit sortir à la fois ce film et celui qui lancera définitivement la carrière de De Palma, "Carrie". Étrange juxtaposition, car même si les deux oeuvres ont en commun la vengeance d'une femme, leur traitement Cinématographique est fort différent. Alors que "Carrie" verse dans l'horreur pure et le spectaculaire sanguinolent, "Obsession" joue la carte de l'intimisme, de la souffrance intérieure étouffée, du romantisme lyrique. Bien plus qu'à l'intrigue en  elle-même, d'ailleurs assez nébuleuse quant aux motivations et douteuse quant à la vraisemblance, le réalisateur s'attache au lien amoureux qui persiste à travers les ans, à tout jamais momifié par le remords et la culpabilité. Si le choix de Geneviève Bujold, adorablement juvénile et mutine, se révèle excellent, celui de Cliff Robertson pose davantage problème. Son visage figé et peu expressif, avec un faux air de Sean Connery, pour conforme qu'il soit à l'état intérieur du personnage, taciturne et renfermé sur sa douleur, génère par moments une étrange insipidité  au cœur de cette tragédie  dont on sent la palpitation souterraine violente. L'atmosphère s'apparente parfois à celle de "Rebecca" sans en atteindre la profondeur quasi métaphysique.

Ce film, tour à tour inquiétant, méditatif, enfiévré, languide, laisse une impression étrange d'inabouti, de réprimé, comme si le réalisateur n'avait pas encore franchi le pas qui lui permettra de descendre dans les abîmes psychologiques de "Pulsions", sorti quatre ans plus tard. L'ensemble est presque sage, en-deça de ce qu'on aurait pu attendre d'un tel drame visité par Brian de Palma. Mais le final, avec la caméra valsant autour des protagonistes, est superbe...

Date de sortie : Février 1977

01 août 1976 (USA)

Synopsis :

Ayant vu sa femme mourir faute d'avoir payé la rançon exigée par leurs kidnappeurs, Michael Courtland, homme d'affaire américain, rencontre un jour en Italie une femme lui ressemblant comme deux gouttes d'eau. Malgré les avertissements de son entourage, il y voit une seconde chance qu'il ne veut pas laisser passer. Au risque de réveiller un passé douloureux...

Les acteurs :

Michael Courtland

 

Cliff Robertson

 

Elizabeth Courtland / Sandra Portinari

 

Geneviève Bujold

 

Robert Lasalle

 

John Lithgow

 

Amy Courtland

 

Wanda Blackman

 

L'inspecteur Brie

Stanley J. Reyes

 

Le docteur Ellman

 

Stocker Fontelieu

 

D'Annunzio

 

Andrea Esterhazy

 

Ferguson

 

Don Hood

 

Un kidnappeur

 

J. Patrick McNamara

 

La serveuse

 

Sylvia Kuumba Williams

 

Scénariste

 

Brian De Palma

Paul Schrader

 

Producteur

 

Harry N. Blum

George Litto

Columbia Pictures, U.S.A.

Yellowbird Productions, U.S.A.

Compositeur

 

Bernard Herrmann

 

Directeur de la photographie

 

Vilmos Zsigmond

 

Directeur artistique

 

Jack Senter

 

Monteur

 

Paul Hirsch

 

Chef décorateur

 

Jerry Wunderlich

 

Producteur exécutif

 

Robert S. Bremson

 

Brian De Palma

Il est un des plus grands admirateurs d'Alfred Hitchcock, un des cinéastes qui utilisera le plus l'œuvre du maître, mais pour s'en écarter et donner vie à une œuvre Cinématographique sublime et complexe, bien au-delà d'un simple hommage au créateur de Psycho et Vertigo.

Brian De Palma naît le 11 septembre 1940 dans le New Jersey, il est le cadet de trois enfants. Il vit une enfance assez renfermée et excelle dans les sciences à l'école. C'est une véritable passion pour lui et il remporte dès 1957 deux prix scientifiques. Il vit à cette époque une relation conflictuelle avec son père dont il nous donne quelques détails masqués dans Home movies (1979), sans doute son film le plus autobiographique. En 1958, Brian De Palma entame des études de physiques à l'Université de Columbia (New York) qu'il achève deux années plus tard. C'est à cette période qu'il est bouleversé par Vertigo (1958) et commence à voir dans le Cinéma un formidable moyen d'expression artistique. Il entame, dès 1959, une formation au Sarah Lawrence College où il rencontre notamment des professeurs de théâtre.

Il réalise son premier court-métrage en 1960, Icarus. Après son second court-métrage en 1961, 662014, Story of a IBM card, il rencontre Martin Scorsese et devient son ami. Tous les deux sont très influencés par la Nouvelle Vague et souhaitent réaliser un projet de ce genre aux Etats-Unis. C'est en 1964, alors qu'il n'a pas encore 25 ans, et qu'il vient de recevoir un prix et une bourse de 1000 dollars pour son dernier court-métrage, Woton's wake, que Brian De Palma commence la réalisation de son premier long-métrage : The wedding party. Il rencontre la même année Robert De Niro qui obtient le rôle principal du film. Ils renouvelleront leur collaboration à deux reprises. Le tournage prend du temps à cause notamment les contraintes financières et s'achèvera en 1966.

Sa carrière de cinéaste débute alors vraiment et il sort deux films en 1968, Murder a la mod et Grettings qui obtiennent l'Ours d'or au Festival du film de Berlin. Après un nouveau film avec Robert De Niro (Hi, mom, 1970) et le très hitchcockien Sisters (1973, interdit aux moins de 18 ans), Brian De Palma remporte le Grand Prix du festival du film fantastique d'Avoriaz en 1974 avec le sublime Phantom of the paradise. Il renouvelle l'exploit 2 ans plus tard avec Carrie, un chef-d'œuvre du film fantastique adapté de Stephen King. Suivent 3 autres chefs-d'œuvre, Obsession (1976) avec le plus depalmien de tous les acteurs, John Lithgow, Dressed to kill (1980) et Blow out (1981), dans lesquels on retrouve Nancy Allen qu'il épouse en 1980. Ils divorcent en 1983, et De Palma réalise, sur un script d'Oliver Stone, Scarface. C'est sa première collaboration avec Al Pacino. Aujourd'hui encore, c'est le film le plus loué aux Etats-Unis.
La suite de son œuvre est un peu plus inégale. Relevons quand même deux sublimes réalisations, Body double (1984) et Raising Caïn (1992) avec l'excellent schizophrène John Lithgow. Il réalise en 1996, Mission : impossible (produit par Tom Cruise) et connaît un succès critique et public. Il travaille pour la première fois avec Nicolas Cage sur Snake eyes en 1998. Son dernier film, Mission to mars est encore sur les écrans.

 1976

Voilà seize ans qu'Elisabeth (Geneviève Bujold) et Amy Courtland sont mortes. Michael Courtland (Cliff Robertson), un riche industriel, voit et revoit les moindres détails du drame. L'enlèvement de sa femme et de sa fillette, la demande de rançon, la remise qui tourne mal, la fuite des ravisseurs et l'accident qui coûtera la vie aux otages... En voyage en Italie, à Florence, avec son meilleur ami, Robert LaSalle (John Lithgow), Michael voit le sosie de sa femme défunte dans l'église où, des années auparavant, il avait rencontré Elisabeth. La jeune fille s'appelle en fait Sandra Portinari. Il en tombe aussitôt amoureux, et la ramène avec lui à la Nouvelle Orléans pour l'épouser...

Le style de Brian De Palma est un véritable vestige du maniérisme italien du XVIème siècle, et rend hommage avec une remarquable maîtrise à Vertigo d'Hitchcock. On retrouve le thème récurrent du double. Les mouvements de caméra sont très travaillés, avec notamment cette sublime scène de filature dans Florence, sur la somptueuse musique de Bernard Herrmann. C'est un film émouvant et bien conçu, avec une fin bouleversante. L'actrice canadienne Geneviève Bujold est attachante et mystérieuse, et Cliff Robertson est également très brillant. À voir assurément...

   

La première vision de Sandra dans la vie de Michael prend la forme d'une "apparition", cela est amplifié par le fait que cela se produit dans une église. Par la suite, on s'aperçoit que tout ce que veut Michael, c'est recréer les meilleurs moments de sa vie, refaire ce qu'il a déjà vécu avec Elisabeth, mais avec Sandra.

  

Chaque scène de sa vie passée semble revenir. Pas étonnant que le film a bien failli s'appeler "Déjà Vu"!

  

   

               

Ce fut à l'époque le premier film en format Panavision pour Brian De Palma, et il a très bien su en tirer profit. OBSESSION est un très grand film dans sa carrière...

                                                                     

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Enregistrement :     DVD.15.Q.


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