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Titre du Film: Le Troisième Homme
Titre original: THE THIRD MAN
| Réalisateur |
Carol REED |
| Année |
1949 |
| Nationalité |
|
| Genre |
Policier |
| Durée |
1H50 |
| Acteurs principaux |
Joseph COTTEN, Trevor HOWARD, Alida VALLI, Orson WELLES |
Thriller
Réalisation : Carol Reed
Distribution : Joseph Cotten, Allida Valli, Orson Welles
Grande-Bretagne
Durée 105'
1949
N&B
Invité par son ami Harry
Lime, l'écrivain américain Holly Martins débarque à Vienne. En cette période
d'immédiat après-guerre, la ville dévastée est divisée en plusieurs secteurs
d'occupation. L'écrivain découvre que son ami a été tué dans un étrange accident
de voiture, alors même que la police semblait s'intéresser de près à ses activités.
Martins décide de mener sa propre enquête.
La lancinante musique d'Anton Karas ponctue idéalement l'atmosphère inquiétante
et désolée de ce film dont la poursuite finale - dans les égouts -compte parmi
les séquences d'anthologie du Cinéma. "Le Troisième Homme" reçût
en 1949 le grand prix du festival de Cannes.
Les acteurs :
Holly Martins |
Joseph Cotten |
Anna Schmidt |
Alida Valli |
Harry Lime |
Orson Welles |
Major Calloway |
Trevor Howard |
Porter |
Paul Hoerbiger |
Kurtz |
Ernst Deutsch |
le docteur Winkel |
Erich Ponto |
Scénariste |
Alexander KordaGraham GreeneCarol ReedMabbie Poole |
Producteur |
Carol ReedDavid O. Selznick (non crédité) |
Production |
British Lion Film Corporation, Grande-BretagneLondon Film Productions, Grande-Bretagne |
Secrets de tournage :
Les idées d'Orson Welles |
Orson Welles prit une part active dans la réalisation de ce film. Il a notamment obligé Carol Reed à allonger la scène des égouts, et l'idée des doigts qui passent à travers la grille vient également de lui. |
Harry Lime écrit par Orson Welles |
Orson Welles a entièrement écrit le rôle d'Harry Lime et l'a créé de toutes pièces en référence au personnage shakespearien du bâtard du Roi Jean. Il a par ailleurs interprété ce rôle sans maquillage. |
L'agent double Kim Philby |
Avant que le rôle d'Harry Lime ne soit repris en main par Orson Welles, il fut élaboré par Graham Greene à partir d'un personnage ayant réellement existé : l'agent double Kim Philby, supérieur hiérarchique du scénariste dans les services secrets britanniques. |
Orson Welles a besoin d'argent |
Les raisons qui ont amené Orson Welles à accepter le rôle d'Harry Lime sont également d'ordre financier : ce dernier avait en effet besoin d'argent pour achever le tournage de son film Othello qui souffrait d'un manque de capitaux. |
Graham Greene, avant tout un romancier |
Avant d'être scénariste, Graham Greene est un romancier dont les oeuvres ont souvent été portées à l'écran. Citons parmi elles Voyages avec ma tante (1972), The Human factor (1980) ou encore La Fin d'une liaison (1999). |
Retrouvailles Greene / Reed |
Le Troisième homme marque les retrouvailles de Carol Reed avec le scénariste Graham Greene. Tous deux avaient auparavant travaillé ensemble sur Première désillusion (1948). Leur collaboration se poursuivra avec Notre agent à La Havane en 1959. |
Désaccord Greene / Reed |
Avant le tournage du film, un désaccord subsistait entre d'une part le scénariste Graham Greene et le producteur David O. Selznick et d'autre part le scénariste Alexander Korda et le réalisateur Carol Reed concernant la fin du film. Les premiers souhaitaient un dénouement heureux, mais le cinéaste parvint tout de même à imposer son choix. |
Les acteurs pressentis |
Concernant le rôle de Harry Lime, le producteur David O. Selznick pensa d'abord à Noel Coward, mais Carol Reed obtint gain de cause avec Orson Welles. En revanche, c'est ce même producteur qui imposa Joseph Cotten dans le rôle de Holly Martins, car ce dernier était lié par un contrat avec la société de production de David O. Selznick. Carol Reed avait pour sa part porté son dévolu sur James Stewart. |
Guy Hamilton assistant réalisateur |
A noter la présence au poste de premier assistant réalisateur de Guy Hamilton, futur cinéaste de La Bataille d'Angleterre (1969) et de L'Ouragan vient de Navarone (1978). |
Une série radiophonique à la BBC |
Orson Welles et le personnage d'Harry Lime sont devenus si célèbres grâce à ce film qu'ils ont été les héros d'une série radiophonique de la BBC : Les Aventures de Harry Lime. Ce feuilleton avait pour générique le thème musical du Troisième homme composé par Anton Karas. Cette musique sera également utilisée comme générique par Orson Welles lui-même pour sa série télévisuelle de Around the world with Orson Welles. |
Palme d'or à Cannes |
Le Troisième homme remporta la Palme d'or au Festival de Cannes 1949. |
L'Oscar de la Meilleure photographie |
Le Troisième homme remporta l'Oscar de la meilleure photographie en 1951. |
Carol Reed et la guerre froide |
En 1953, Carol Reed retrouva le climat de la guerre froide en dirigeant James Mason et Claire Bloom dans L'Homme de Berlin, un thriller dont l'action se déroule dans l'ancienne capitale allemande. |
Vienne durant l'après guerre. Les rues sont désertes le soir. Certains bâtiments demeurent démolis. L'atmosphère romantique la dispute au marché au noir et à la suspicion entre vaincus et alliés.
Carrefour de l'espionnage est-ouest, la capitale autrichienne voit arriver un auteur de polars au chômage, Holly Martins. C'est son ancien copain d'école, le mystérieux, Harry Lime qui l'a invité. Lime voulait lui offrir un job. Mais Lime meurt sous yeux. Enfin croit-il... car en reconstituant le puzzle, il y a des incohérences...
Comme une ombre qui le suit pas à pas...
Le Troisième Homme
Réalisé par Carol Reed
Considéré à juste titre comme un classique du 7ème art, Le Troisième Homme est un chef-d'œuvre visuel qui bénéficie d'une distribution flamboyante, d'un scénario intrigant au niveau émotionnel et historique et d'une musique qui vous hante tout au long du film.
Basé sur un roman de Graham Greene, Le Troisième Homme se déroule dans le Vienne de l'après-guerre, la ville découpée en zones alliées (anglaise, française, russe, etc.) portant les cicatrices de combats récents. Joseph Cotten interprète Holly Martins, un écrivain américain qui, venu rendre visite à son meilleur ami Harry Lime, découvre que ce dernier est mort à la suite d'un accident. Martins décide alors d'enquêter sur ce décès mystérieux et, au fur de rencontres, il sera happé dans un monde inquiétant où passions et trahisons viendront remettre en cause sa propre moralité.
L'histoire de Greene, célèbre romancier, joue habilement avec le contexte historique et la moralité. L'utilisation de la ville occupée par les alliés crée une constante notion de chaos. Au cœur du film on trouve le thème de la trahison que ce soit en amour, en amitié ou au niveau du code moral. Chaque personnage est montré d'une façon innocente pour mieux être ensuite détruit. Le Troisième Homme est sans pitié pour ses personnages, incarnant l'ultime représentation de l'antihéros. Le portrait peu flatteur du personnage principal pourrait être considéré comme une réaction face à l'intervention américaine pendant la seconde guerre mondiale, mais aussi symboliser le Cinéma Hollywoodien.
Dans Le Troisième Homme, Vienne apparaît comme un personnage à part entière, une sorte de monstre blessé qui corrompt les humains mais préserve dignement sa beauté - son architecture. La ville en partie en ruines se prête parfaitement à un roman noir et surtout à la sublime photographie en noir et blanc de Robert Krasker. Chaque image joue habilement avec le contraste et les angles pour créer une notion de difformité et de beauté, Vienne servant ainsi de métaphore pour le personnage d'Harry Lime. L'approche esthétique est tellement poussée que chaque scène pourrait être disséquée en une collection de photos en noir et blanc. Robert Krasker photographie Vienne la nuit et en chasse les ombres et les formes à la manière d'un Brassaï arpentant Paris avec son appareil.
Les acteurs ont tous été méticuleusement choisis, pour leur visage révélant leurs émotions à travers le noir et blanc et pour leur talent. Joseph Cotten est parfait en Américain bravache qui perd lentement ses illusions. Alida Valli (la maîtresse de Lime) sait être vulnérable tout en ayant le glamour d'une couverture de magazine des années 50. L'interprétation d'Orson Welles est un régal dont émane fascination et répulsion. Le reste des acteurs, du major aux concierges en passant par le comte, est tout aussi croustillant.
D'un point de vue Cinématographique, certaines séquences sont passées à la postérité, de la grande roue à la fameuse poursuite dans les égouts qui symbolisent le monde souterrain qui a main basse sur la ville. Le film détient aussi probablement l'entrée la plus magistrale du Cinéma, celle d'Orson Welles. Un simple rayon de lumière, une musique et un sourire qui en dit long suffisent à vous donner un frisson. Sans oublier évidemment la fin avec son plan immobile « accidentellement long ».
La musique d'Anton Karas jouée sur une cithare paraîtra monotone à certains mais est indéniablement liée au film, contribuant à l'ambiance étrange et lugubre du tout.
Avec un ensemble d'éléments aussi forts - histoire, acteurs, photographie et musique - il était nécessaire de créer une osmose. On doit sans aucun doute le succès du film au réalisateur, Carol Reed, qui officie comme un chef d'orchestre. La vision que le cinéaste a de l'oeuvre, transparaît dans le choix des images, de la musique et des acteurs. Sans sa volonté d'être fidèle au scénario, chacun des éléments n'aurait peut-être pas été aussi méticuleusement contrôlé et le film aurait facilement pu devenir une démonstration de numéros d'acteurs ou un banal film noir.
Tel une bouteille de bon vin, Le Troisième Homme a su mûrir avec l'âge, se laissant d'autant mieux déguster.
Carol Reed Joseph Cotten Alida Valli Trevor Howard Orson Welles
Graham Greene Alexander Korda

Robert Krasker
Directeur de la photographie

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