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Titre du Film: L'armoire volante
(Monsieur Puc aux enfers)
| Réalisateur : |
Carlo RIM |
| Scénario : |
Carlo RIM |
| Adaptation : |
Carlo RIM |
| Dialogues : |
Carlo RIM |
| Musique : |
Georges VAN PARYS |
| Images : |
Nicolas HAYER |
| Montage : |
Henri TAVERNA |
| Décors : |
Emile ALEX |
| Production : |
CICC |
| Directeur de prod. |
Jean DARVEY |
| Son : |
Jean-Roger BERTRAND |
| Tournage : |
10 mars - 26 juin 1948 |
| Procédé : |
Noir et Blanc |
| Genre : |
Comédie macabre |
| Durée : |
1h 30 |
| Sortie : |
29 octobre 1948, à Paris |
| Interprétation : |
FERNANDEL (Alfred Puc), Berthe BOVY (Mme Léa Lobligeois, sa tante), Pauline CARTON (Mme Ovide, la concierge), Germaine KERJEAN (Mme Coufignac, la concierge de Puc), Marcel PÉRÈS (Fréjus, un déménageur), Louis FLORENCIE (le notaire), Henri CHARRETT (Caillol, un déménageur), Gaston MODOT (un gangster), Annette POIVRE (Mimi, la servante de l'hôtel), Antonin BERVAL (Grand-Charles, un truand), Yves DENIAUD (M. Martinet), Albert DINAN (P'tit Louis), Paul DEMANGE (Le Frisé), Christiane SERTILANGE (La jeune mariée), Edmond BEAUCHAMP (Le commissaire), MAXIMILIENNE (La commandante de l'armée du salut), Nina MYRAL (1ère commère), Robert PIZANI (le médecin), Jean DAURAND (Le jeune marié), Zélie YZELLE (2ème commère), Jean Tourlout (l'acteur), Rivers Cadet (Boirot), Frédéric O'Brady (un inspecteur), Katherine Kath (l'actrice), Palmyre Levasseur (une vieille actrice), François Richard (un commissaire), Jacques Tarride (le commissaire-priseur), René Hell (le régisseur), Albert Michel (un agent), Jean Témerson (habitué du café), Luc Andrieux (habitué du café), André Bervil (habitué du café), Albert Broquin (un inspecteur), Henri Gerrar (un employé), Marcel Loche (Cornu), René Lacourt (un salutiste), Marcelle Monthil (la cliente), Marcel Melrac, Tristan Sévère, Noël Robert, Liliane Charpentier, Paola Manelli, Pierre Duncan, Edouard Francomme, Emile Mylos, Georgé, etc. |
| Alfred Puc serait un bien paisible percepteur s'il n'avait, en la personne de sa tante acariâtre et avare, Mme Lobligeois, des occasions permanentes d'angoisse et de conflits. La vieille darne est autoritaire; elle a décidé d'aller chercher des meubles à Clermont-Ferrand. Le voyage doit s'effectuer en camion, par un froid sibérien. Et ce que craignait le brave percepteur arrive : sa tante meurt de froid sur le chemin du retour. Les deux déménageurs qui l'accompagnent cachent l'encombrant cadavre dans une armoire et livrent le tout à M. Puc. Tandis que les trois hommes se racontent les péripéties du voyage, le camion disparaît, volé... "Retrouvez le cadavre pour prouver le décès !" annonce le notaire au bon percepteur, qui part à la recherche de l'armoire fantôme. Un receleur a vendu le camion à un jeune couple qui a payé ses arriérés de loyer avec son contenu. Leur logeuse a cédé le tout à un hôtelier douteux, un certain M. Martinet. A l'hôtel, M. Puc ouvre toutes les armoires, vides... sauf une qui contient... le cadavre d'un gangster ! Une armoire manque toutefois. Puc la retrouve sur ta scène du théâtre du Grand Guignol, puis sur la route de Senlis, enfin sur une rivière qui mène droit sur une cataracte. Un vrai cauchemar sous un ciel d'hiver. M. Puc va enfin mettre la main dessus lorsque subitement... |
Noir et Blanc.
Critiques :
"
Fernandel, enfin arraché à ses pitreries, rétablit une merveilleuse liaison
avec ses créations d'Angèle et de Regain. Quel Mescarillo, quel Sganarelle,
quel Arnolphe il ferait !"
André LANG, France-Soir, 9 novembre 1948.
"Durant huit semaines, Fernandel
a été M. Puc, de la façon la plus naturelle, la plus spontanée, sans la moindre
trace de « composition ». Jamais peut-être, depuis Angèle, il ne s'était à
ce point identifié à un personnage, il ne s'était à ce point dépouillé de
soi. A travers cette étonnante métamorphose, Fernandel révélait une maîtrise
qui n'allait pas manquer de s'épanouir dans quelques films de qualité, sans
pour autant, hélas ! répugner à cautionner nombre de douteuses pantalonnades.
Ceux qui ont vu Fernandel dans L'Armoire volante n'oublieront pas sa funambulesque
dégaine, sa dignité hagarde, son irréalité d'ectoplasme, et par dessus tout,
la rigueur d'un jeu tenant du prodige."
Carlo Rim, Mémoires d'une vieille vague, 1961, page 225.
"Beaucoup
moins connu que celui des films de Pagnol, le Fernandel dirigé ici par Carlo
Rim est un étonnant personnage pris dans une aventure cauchemardesque. Moustachu,
vêtu de noir, on le découvre en fonctionnaire habitué à la routine, brusquement
ballotté au gré d'événements qu'il ne peut contrôler. L'armoire passe du logement
d'un couple de jeunes mariés à la boutique d'un receleur, puis d'un hôtel
louche à une salle des ventes, pour finir au théâtre du Grand-Guignol ! Si
les péripéties semblent vaudevillesques, la mise en scène et la photographie
créent un climat d'humour noir extrêmement insolite dans le Cinéma français
d'alors. Car le divertissement prend parfois des allures inquiétantes. En
fait, tout cela obéit à une logique qui ne s'éclaire qu'avec une surprise
de dernière minute... à ne pas révéler !"
Jacques Siclier, Télérama.
"Fernandel compose avec talent
un personnage ambigu et insolite, dans cette fiction qui mêle habilement le
vaudeville et la comédie d'humour noir."
"Digne des meilleures réussites anglo-saxonnes du genre, cette farce macabre, insolite et délirante, offrit à un surprenant Fernandel l'un de ses meilleurs rôles."
"Une petite merveille d'onirisme teinté de fantastique que cette comédie signée du méconnu Carlo Rim et qui offre à Fernandel un rôle singulier. Plus de cinquante ans après sa réalisation, elle demeure surprenante. Pas mal, non ?»
Anecdotes :
Carlo
Rim transforma totalement Fernandel, qui venait de tourner une série de bandes
comiques médiocres. Il en fit un étonnant personnage pris dans une aventure
cauchemardesque, vieux célibataire moustachu et vêtu de noir, balloté au gré
des événements. Bien que les péripéties sembles vaudevillesques (l'armoire
se dérobe toujours, du logement d'un couple de jeunes mariés qui l'ont achetée
a un receleur, à un hôtel louche, puis à la salle des ventes et au théâtre
du Grand-Guignol ; mieux, il y en a plusieurs, toutes semblables), la mise
en scène et la composition en noir et blanc des images (par le grand chef
opérateur Nicolas Hayer) créent un climat d'inquiétude latente, d'humour noir
extrêmement curieux dans le Cinéma français de cette époque. Alfred Puc est,
en somme, un Français moyen, un petit bourgeois aux prises avec l'absurde,
et l'histoire du cadavre envolé est à la fois drôle et inquiétante. Autant
que je me souvienne, ce film n'eut pas à sa sortie un très grand succès, le
public habituel de Fernandel ayant été déconcerté par sa composition (pourtant
remarquable) et par l'aspect insolite de l'oeuvre. Authentique film d'auteur,
"L'Armoire volante" a transposé, en France le "non-sens"
tant admiré dans le Cinéma britannique.
Jacques Siclier, Télérama, 1995.
"Ce
film ne sera drôle que s'il est joué comme un drame". C'est ainsi que
Carlo Rim convainquit Fernandel, avec qui il était brouillé depuis sept ans,
d'interpréter le rôle de Puc : "(.) En acceptant (...), Fernandel a,
une fois au moins dans sa vie, fait preuve de quelque témérité, sinon d'une
totale inconscience du danger. Il en a été, il est vrai, récompensé, car ce
film, qui ne devait l'emporter qu'un mince succès devant son public ordinaire,
a conquis, depuis, la faveur de ces assemblées secrètes qui, sous le nom de
ciné-clubs, dispensent le titre envié de "film maudit" aux films
qui, par un singulier paradoxe, ont mérité leur bénédiction."
Carlo Rim, in "Mémoires d'une vieille vague", Éd. Gallimard,
1961.
Berthe Bovy, qui joue ici la tante de Fernandel/M. Puc, avait débuté dans les années dix : elle joua les fiancées délaissées dans bon nombre de productions Pathé (LA DANSE HÉROIQUE, L'ATTRAIT DE PARIS...).
Principaux lieux de tournage : Un hôtel de passe de la rue des Innocents
(1er), la consigne d'une gare, un hôtel des ventes, un théâtre...
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Enregistrement : VHS.8.E.
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