Les
liaisons dangereuses (de Roger Vadim)

Vous pouvez
bookmarquer la page en survolant
Les Liaisons dangereuses (film, 1959)
Les Liaisons dangereuses est un film français, réalisé
par Roger Vadim, sorti sur les écrans en 1959 avec
Gérard Philipe, Jeanne Moreau
Annette Stroyberg (Annette Vadim épouse de Roger Vadim)
Jean-Louis Trintignant, Boris Vian…
Ce film est une adaptation du grand classique, le roman
Les Liaisons dangereuses de Pierre Choderlos de Laclos.
Sortie(s) : 09 septembre 1959 (France)18 décembre 1961 (USA)
Synopsis :
Les très séduisants Vicomte Valmont et son épouse
Juliette de Merteuil, joués par Gérard Philipe et Jeanne
Moreau au sommet de leur beauté et de leur jeunesse n'ont
qu'un plaisir, s'aimer et " s'amuser " à détruire les âmes
des autres en détruisant les couples au jeux pervers de
la " séduction / destruction " froide et préméditée où ils
sont maîtres. Ils s'attaquent orgueilleusement surtout aux
individus les plus solides de vertu et de morale et les plus
difficiles à dépraver en usant de tout leur savoir-faire en
la matière et haut pouvoir de séduction et de dépravation de
façon cynique et préméditée jusqu'à ce que, à force de
destruction d'autrui, leurs jeux finissent par les
détruire eux-mêmes ...
Fiche technique :
Réalisation : Roger Vadim
Scénario : Roger Vadim, Claude Brulé et Roger Vailland, adapté
du roman éponyme de Laclos.
Dialogue : Roger Vailland
Assistant réalisateur : Jacques Poitrenaud
Production et Distribution : Les Films Marceau
Chef de production : Edmond Ténoudji
Directeur de production : Léopold Schlosberg
Musique originale : Art Blakey's jazz Messengers
Thelonious Monk, Jack Murray, Barney Wilen
Images : Marcel Grignon
Opérateur : Raymond Lemoigne
Son : Robert Biart
Montage : Roger Mercanton
Décors : Robert Guisgand
Maquillage : Jean Ulysse
Photographe de plateau : Serge Beauvarlet
Script-girl : Suzanne Durrenberger
Régisseur général : Michel Choquet
Tournage du 23 Février au 30 Avril 1959
Costumes :
Film français
Format : 35mm, noir et blanc
Son: Dolby
Durée : 105 mn
Genre : drame
Date de sortie : 09/09/1959
Distribution :
Gérard Philipe : Valmont, brillant diplomate
Jeanne Moreau : Juliette Valmont, sa femme
Jeanne Valérie : Cécile Volange
Annette Stroyberg : Marianne Tourvel
(Annette Vadim épouse de Roger Vadim)
Simone Renant : Mme Volange, mère de Cécile
Jean-Louis Trintignant : Danceny
Nicolas Vogel : Jerry Court
Madeleine Lambert : Mme Rosemonde
Boris Vian : Prévan
Gillian Hills : Une amie de Cécile
Paquita Thomas : Nicole.
Serge Marquand : Un skieur
Renée Passeur: une invitée des Valmont
François Perrot : un invité des Valmont
Frédéric O'Brady : Un diplomate
Alexandra Stewart: Une amie de Miguel
Raymond Jourdan : un invité des Valmont
Michel Dacquin : un invité des Valmont
Jacques Hilling : Un invité des Valmont
Jean-Pierre Zola : réceptionniste de l'hôtel à Deauville
Guy Henry : un inspecteur
Lydia Lester : doublure de
Jeanne Moreau (séquence du feu)
Yves Barsacq
Lisa Jouvet
Pierre Durou
Jean-Pierre Laverne
Jacques Brizzio
Point de vue immoral du film :
« Une forteresse imprenable est une forteresse mal attaquée ».
Valmont désireux de venger sa femme Juliette véritable
vipérine éconduite par son amant se détourne de sa mission afin
d’assiéger la vertueuse Marianne.
Roger Vadim a lancé depuis 1956 avec Et Dieu… créa la femme un
énorme chantier destiné à élaborer un cinéma libre qui dénoue
les liens cérébraux et libère les corps privés de lumières pervers ...
Les nudités tout en restant chastes se montrent. Les âmes font
connaissances avec le territoire de la perversité. Le jazz fait
tournoyer les couples au fond de caves enfumées. Le mot d’ordre
est de séduire de manière immorale, bousculer de trop vieilles
lois de conformismes qui polluent depuis des décennies un art
qui étouffe par immobilisme. Les tempéraments sont enfin
égoïstes et moqueurs d’un environnement moraliste.
Chacun pour soi par le plaisir sans amour.
Les cœurs se lâchent dans des règles nouvelles. Valmont et
Juliette vivent chacun de leurs côtés des aventures sans retenues.
Le paroxysme de l’excitation est atteinte par la narration
mutuelle de leurs cheminements amoureux.
Innovant dans le plaisir partagé, ils ignorent que ce jeu
uniquement basé sur le plaisir n’est que durable à court terme
et fatal, l’un des deux protagonistes va se faire piéger par le
plus redoutable des pièges : les sentiments.
Roger Vadim est novateur, tout est nouveau, donc par amalgame
dérangeant. Marianne est chaste mais sous cette chasteté, un
besoin de s’affranchir sommeille. Valmont n’a pas à forcer pour
faire fléchir cette pudeur dissimulée derrière le consentement.
Le roman de Pierre Choderlos de Laclos n’est qu’un prétexte
pour ce jeune et brillant metteur en scène désirant innover
par des impulsions nouvelles que le spectateur ne connaît
pas encore en exploitant le thème de la perversion dans le
septième art.
L’apport de l’existentialisme des années 50 défoule par le
geste et la parole débridée toute une population goûtant à ses
premières années de liberté après une Seconde Guerre mondiale
éprouvante.
Certaines scènes sont esthétiquement très belles par la position
des corps qui s’abandonnent sans forcément avoir luttés de
manière féroce.
Marianne désirant proprement sortir de sa chasteté est adorable
par sa double fonction d’attirance et de résistance qui sied
si merveilleusement aux femmes.