La Bataille d'Alger - Un Film de Gillo Pontecorvo - 1966 - Avec Jean Martin

     
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La Bataille d'Alger

    

        

        

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La Bataille d'Alger

Titre original : La Battaglia di Algeri

La Bataille d'Alger (La Battaglia di Algeri) est un film italo-algérien
de Gillo Pontecorvo, présenté au public en 1966.

Sortie en salles en France : 21 octobre 1971

Synopsis :

Une reconstitution de la bataille d'Alger de 1957, à l'occasion
du soulèvement de la population algérienne musulmane par le FLN
contre le pouvoir colonial français, et de la tentative du
détachement parachutiste de l'armée française
de « pacifier » le secteur.

Le film retrace principalement l'histoire d'Ali La Pointe lors
de « La bataille d'Alger », soit de la lutte pour le contrôle du
quartier de la Casbah à Alger en 1957 entre les militants du FLN
et les parachutistes français de la 10e division parachutiste du
Général Jacques Massu, par tous les moyens y compris l'usage de
la torture.

Fiche technique :

Titre : La Bataille d'Alger 
Titre original : La Battaglia di Algeri 
Réalisation : Gillo Pontecorvo 
Scénario : Gillo Pontecorvo, Franco Solinas 
Musique : Ennio Morricone 
Photographie : Marcello Gatti 
Montage : Mario Morra, Mario Serandrei
 
Production : Antonio Musu pour Igor Film (Italie)
Yacef Saadi pour Casbah Film (Algérie)
 
Format : Noir et blanc - 1,85:1 - mono - 35 mm 
Durée : 117 minutes (1h57)

Distribution :

Excepté Jean Martin, aucun des acteurs de ce film n'est
acteur professionnel.

Brahim Haggiag : Ali La Pointe 
Jean Martin : colonel Mathieu 
Yacef Saadi : Djafar 
Samia Kerbash : une fille 
Ugo Paletti : le capitaine 
Fusia El Kader : Halima 

Autour du film :

Ce film a été tourné dans la Casbah d'Alger, caméra à l'épaule.
Les combattants survivants de la Bataille d'Alger de 1957 ont
servi de conseillers techniques. Certaines scènes
d'intérieur, dont celle de la réception au cours de laquelle
le commissaire prend congé d'une maîtresse de maison, ont été
visiblement réalisées en France.

Récompense :

Lion d'or à la Mostra de Venise 1966, ce qui provoqua la colère
de la délégation française. 
Primé à Cannes et nominé aux oscars. 

Anecdotes :

Ce film était régulièrement projeté aux stagiaires étrangers
de l'École des Amériques (installée tout d'abord au Panama puis
sur le territoire américain), dans le cadre des études relatives
aux guerres de type révolutionnaires. Le réalisme poussé de la
mise en scène et du scénario ont fait que ce film a été utilisé
à contre-emploi par certains services de renseignement. 
Selon le journal Le Monde (8 septembre 2003), des officiers
d'état-major de l'Armée américaine auraient assisté, le
27 août, dans un auditorium du Pentagone à une projection de
La Bataille d'Alger, afin d'avoir un aperçu de la guerre
subversive menée par la France durant cette période et faire
un parallèle avec les problèmes rencontrés lors de l'occupation
de Bagdad durant la guerre en Irak. 
En 2003, le film, considéré comme un modèle d'enseignement
sur la guérilla urbaine, est projeté au Pentagone devant
Donald Rumsfeld pour mieux comprendre les développements de
la guerre en Irak. 
Les chars de l'armée française que l'on peut voir dans le film
ne sont pas français mais russes, en effet, ce sont des chars
prêtés par l'armée algérienne qui se fournissait en URSS. 
Ce film a inspiré R.A.S (1973) de Yves Boisset.

Réception en France :

Le réalisateur-journaliste communiste Gillo Pontecorvo et
l'acteur-producteur FLN Yacef Saadi, ont constitué un
témoignage portant sur un épisode de la guerre d'Algérie
particulièrement impitoyable.

Initialement interdit en France, diffusé brièvement en 1970
mais retiré des écrans sous la pression de manifestations
d'extrême-droite, le film attendit 1971 pour sortir normalement.
Le film resta pratiquement inédit en France jusqu'en 2004, car
considéré comme un film de propagande, brisant des tabous sur
le comportement militaire français au cours de ce qui ne s'est
longtemps appelé en France de simples événements, et
s'attaquant à des traumatismes alors récents(citation nécessaire).
Le film fut tourné trois ans après l'indépendance de l'Algérie
et le rapatriement de 800 000 pieds-noirs et juifs séfarades
dont la plupart n'avaient jamais foulé le sol de la
métropole, vivant en Algérie française depuis plus d'un siècle.
Et à l'expatriation et expropriation de ces deux catégories de
civils s'ajoute l'exode des indésirables harkis, leur
internement dans des camps et leur mise à l'écart de la
population métropolitaine.

Conception et réalisation :

Le film voit le jour en 1965, trois ans après la fin des
hostilités en Algérie, lorsqu'un des chefs militaires du FLN
à Alger, Yacef Saadi, propose au réalisateur communiste italien
l'idée d'un film basé sur son expérience dans l'ALN.

Le film est tourné avec des non-professionnels, à l'exception
de Jean Martin, dans le rôle du colonel Mathieu à la tête des
parachutistes français.

Objectivité :

Le film bien que produit par Yacef Saadi, membre du FLN fait
preuve d'objectivité : le passé de délinquant du héros du
film (Ali Lapointe) est clairement présenté, et son passé de
proxénète est fortement suggéré (scène de la tournée des
bordels, et de l'exécution d'Hacène). Ali Lapointe est
clairement présenté comme un homme d'action et pas du tout
un intellectuel. Son côté romantique transparait principalement
dans sa volonté de lutter sans concession (il est contre
l'arrêt des attentats pendant la grève générale) et surtout
par son sacrifice final, préférant la mort plutôt que la honte
de la capture. Son courage, ainsi que celui de beaucoup de
combattants algériens morts pour leur cause, sera salué par Massu.

Les attentats du FLN sont bien présentés comme des actes
de terreur : assassinats de gendarmes et de policiers
d'apparence tout à fait paisible, scène des attentats à la
bombe dans le bar, la discothèque et l'agence Air France, où
la caméra s'attarde longuement sur les victimes avant
l'explosion : des gens tout à fait normaux, des enfants, des
bébés, y compris des arabes. Après l'explosion, le calvaire
des victimes est également abondamment présenté (amplifié par
le fait que quelques minutes auparavant ceux-ci étaient
tranquillement en train de danser ou de boire un verre).

Seul bémol que certains peuvent reprocher : les attentats
contre les civils apparaissent dans le film après que des
terroristes européens font sauter un immeuble de la casbah, et
ses habitants avec (l'OAS?), pouvant induire le spectateur
à penser que les attentats contre des civils européens auraient
été une forme de réponse à des attentats contre des civils
algériens.

Le général Massu est présenté comme un soldat digne qui a
une mission difficile, et qui doit utiliser des moyens
exceptionnels. À aucun moment il n'est présenté comme un
monstre ou un tortionnaire. Dans de très nombreuses scènes
le personnage a le loisir d'exprimer son point de vue et de
justifier ses actions.

La question de la torture est abordée comme un fait, sans
jugement moral : seules quelques scènes montrent des actes
de tortures (réalistes par rapport aux témoignages et photos
qui nous sont parvenus de l'époque). D'ailleurs la torture
est bien montrée comme ayant été efficace pour démanteler le
réseau du FLN d'Alger.

Les soldats ne sont pas montrés comme étant spécialement des
monstres : dans une des premières scènes, après avoir torturé
un homme et qu'il se soit mis à table, les soldats offrent du
café et rassurent le prisonnier.

Les ambiguités de la presse de l'époque sont présentées, y
compris celles du journal communiste l'Humanité : tous
réclamaient une action ferme et rapide des autorités au
début de l'insurrection, pour mettre fin à celle-ci et
restaurer l'ordre...

En conclusion, le film est tout sauf manichéen : chaque camp
s'y bat avec les moyens dont il dispose. Le FLN pour faire
face à l'armée française et démoraliser l'occupant, ne semble
pas avoir d'autre choix que d'utiliser le terrorisme. L'armée
française pour démanteler les réseaux et protéger ses
ressortissants, ne semble pas avoir d'autre choix que
d'utiliser la torture. Bref, une guerre sale, trouble, comme
l'a été la guerre d'Algérie.

Un extrait Vidéo    Ouvrir le lien Hypertexte

Enregistrement :     DVD.42.B.


      


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