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Titre
du Film: Une si jolie petite plage


Drame
Réalisation : Yves Allégret
Distribution : Gérard Philipe, Madeleine Robinson, Jean Servais
France
Durée 91'
1948
N&B
Directeur de la photo : Henri Alekan
L'histoire :
Un hôtel minable, une plage
du Nord en hiver. Pierre, un ancien gamin de l'Assistance, revient sur les
lieux de son enfance. Il est en fuite après avoir tué la chanteuse qui fut
sa maîtresse. Traqué par la police et par un ancien amant de sa victime, il
essaie de passer en Belgique.
Jacques Sigurd - qui était déjà le scénariste de "Dédé d'Anvers"
- et Yves Allégret, composent pour ce film une atmosphère d'une profonde noirceur.
Gérard Philipe est particulièrement remarquable dans ce rôle sombre et désespéré.
Synopsis :
Un jeune homme retourne à l'auberge où, enfant et orphelin, la
patronne le maltraitait.
Les acteurs :
Gérard Philipe |
Madeleine Robinson |
Julien Carette |
Jane Marken |
Jean Servais |
André Valmy |
Date de Sortie :
19/01/1949 France

Gérard Philipe
Yves Allégret :
Biographie :
- Réalisateur, scénariste Français
- Né le 13 octobre 1905 à Asnières-sur-Seine
(Hauts-de-Seine - France)
- Décédé le 31 janvier 1987 à
Jouars-Pontchartrain (Yvelines - France)
- De son vrai nom Yves Edouard
Allégret
|
|
- Au contraire de son frère, Yves
Allégret est apparu comme un homme engagé.
- Au lendemain de la guerre, il
est considéré comme un dangereux orthodoxe trotskiste.
- Il se marie avec l'actrice Simone
Signoret.
- Considéré comme un auteur noir
et désespéré à l'heure où il fallait retrousser les manches, il s'attire
certaines antipathies.
- Toutefois, cela ne retire en
rien la qualité et la lucidité de ces films.
- En 1953, il adapte Sartre avec
Les orgueilleux. Mais hélas l'écrivain le désavoue.
- Il décède d'une crise cardiaque.
|
Les acteurs :
Madeleine Robinson (Marthe)
Gérard Philipe (Pierre)
Jean Servais (Fred)
Julien Carette (Le voyageur)
Jane Marken (Mme. Mathieu)
Mona Dol (Mme. Curlier)
Gabrielle Fontan (La vieille dame)
André Valmy (Georges)
Commentaires :
Certains historiens du Cinéma estiment qu' «Une si jolie petite plage»
est le meilleur travail d'Yves Allégret. Et pourtant, il a par deux fois été
ignoré par le public américain, en février et juillet 1949. Peut-être les
Américains n'étaient-ils pas prêts à cette attaque sans merci, presque sadique,
contre la sensibilité du public. Gérard Philipe joue Pierre, qui s'enfuit
dans un petit village côtier après avoir tué accidentellement un chanteur
connu. Pierre avait été élevé dans le village et espère trouver la paix intérieure
en retournant à ses racines. Mais à la place, la petitesse presque grotesque
des locaux, la duplicité de ses amis et des êtres qui lui sont chers, et le
temps en permanence pourri mènent Pierre au désespoir.

Madeleine Robinson
Actrice française, née Madeleine Svoboda, en 1916

1948 - Film de Yves Allégret
Scénario et Dialogues : Jacques Sigurd
Sortie : 19 janvier 1948 - Durée 91 min
Avec : Madeleine Robinson, André Valmy, Jean Servais, Christian Ferry, Carette,
Jane Marken, Mona Doll, Gabriel Gobin, Yves Martel
En résumé :
Un
homme retourne sur les traces de son passé. Il revient dans l'auberge où,
enfant et orphelin, il a été maltraité. Il s'était évadé de cet enfer en suivant
une riche chanteuse. Aujourd'hui cette femme est morte, assassinée. Personne
dans l'auberge ne reconnaît le visiteur...
Sans doute y a-t-il quelque facilité dans
ce parti pris de "noir" précisément, dans cette volonté délibérée
d'accumuler la pluie et le vent et la tristesse et l'amertume et le cafard
et le désespoir. Sans doute certains rôles touchent-ils à l'odieux. Sans doute
se dégage-t-il de l'anecdote quelque chose de pernicieux, de dangereux. Mais
l'oeuvre, en tant qu'oeuvre d'art, et indépendamment de toute portée morale
ou amorale, est une réussite assez prodigieuse.
Yves Allégret a composé, monté, travaillé son film avec un art remarquable.
La photographie est souvent extraordinaire de puissance évocatrice. Et la
sonorité souvent prodigieuse d'efficacité et de vérité discrète. Quant au
dialogue de Sigurd, sa sobriété et sa densité en font un modèle du genre.
Aucun des comédiens n'est inférieur à cet ensemble de qualités assez rares.
Gérard Philipe, Jeanne Marken, Madeleine Robinson, Jean Servais, Carette,
Mona Dol, il suffit de les nommer et de dire qu'à mon sens nul d'entre eux
ne fut meilleur dans un autre film.
- 1949
- Une si jolie petite plage
Tournage à Barneville-Carteret
avec Gérard Philippe.

"J'ai débuté au Cinéma
alors qu'il était encore muet : je faisais de la figuration à quinze francs
le cachet. Mon premier rôle fut celui de l'assassin de François-Ferdinand.
J'ai tué l'archiduc avec un revolver qui faisait un nuage de farine (pas encore
de détonation c'était muet). J'ai touché cent francs.., mais je me suis fait
casser la figure par la foule, à la sortie de la première, et déchirer la
redingote louée pour laquelle j'avais versé quatre-vingts francs de caution.
Le crime ne paie pas...".
Julien Carette, acteur
Né le 23 décembre 1897 à Paris, Julien Carette
eut une jeunesse contrariée par une série d'échecs. Réformé pour faiblesse
de constitution, il suivit les cours des Beaux-Arts tout en occupant des emplois
aussi modestes que divers dans les théâtres parisiens: accessoiriste, machiniste,
souffleur. Recalé au concours d'entrée au Conservatoire, il fit quand même
ses débuts à l'Odéon dans des emplois de jeune premier. Flanqué à la porte
pour avoir réclamé avec insistance les six cents francs mensuels auxquels
il avait droit, il fut engagé presque aussitôt par Jacques Copeau au Vieux-Colombier,
où il fit ses véritables premières armes.
Après ces débuts héroïcomiques, dont seul Carette a gardé le souvenir
(sans pour autant retrouver dans sa mémoire le titre du film), il joue un
vrai rôle dans le premier film de Pierre et Jacques Prévert: L'AFFAIRE
EST DANS LE SAC. Elle le fut en effet, puisque l'on compte que Julien
Carette a tourné 84 films l'un après l'autre, au cours des vingt années qui
ont suivi (1932-1952). Sa filmographie complète compte plus d'une centaine
de films.
Son personnage, toujours à peu près le même, a servi tous les talents et tous
les genres. Petit de taille, doté d'une gouaille et d'un accent faubouriens
(mais dans le genre faussement sérieux ou préoccupé), il a joué excellemment
au Cinéma l'équivalent des valets de Molière, les Sganarelle ou les
Petit-René. II n'en est sorti que lorsqu'on lui demandait de camper
un "caractère" : un ouvrier ou un paysan, ce qu'il sut faire avec
une grande personnalité. Jean Renoir lui donna des rôles dans nombre de ses
films: dans LA GRANDE ILLUSION (1937), il fut l'artiste, prisonnier
de guerre, "parigot", amateur d'atroces calembours. Dans LA RÈGLE
DU JEU, il incarnait un truculent braconnier. Dans LA BÊTE HUMAINE,
il fut Pecqueux, le fidèle et sérieux chauffeur du mécanicien Lantier
(Jean Gabin). Dans LA MARSEILLAISE un volontaire.
A la libération, Carette resta un des acteurs les plus demandés du Cinéma
français. Il excellait à camper des silhouettes dont la cocasserie n'est pas
exempte de pathétique : ainsi dans LES PORTES DE LA NUIT, dans PREMIÈRES
ARMES, dans UNE SI JOLIE PETITE PLAGE.
Marcel Carné, Claude Autant-Lara, Yves Allégret surent que Carette pouvait
être un élément de base pour la distribution d'un film, quel qu'il fût, et
on le trouve dans une bonne dizaine d'ouvrages de très haute qualité, aussi
diverses en soient les inspirations. Marchand de croissants à la sauvette,
malheureux et poignant, dans LES PORTES DE LA NUIT, inquiétant aubergiste
dans L'AUBERGE ROUGE ou factotum stylé dans LE JOUEUR; cocasse
et lamentable bourreau d'enfants dans LES PREMIERES ARMES, de René
Wheeler (1949); ivrogne inoubliable dans CRIME ET CHATIMENT de Georges
Lampin (1957).
Un critique a dit de Julien Carette qu'il fut " l'accessoire comique
indispensable de quelques-uns parmi les meilleurs films que l'on ait faits
en France". Ce jugement est trop partiel, ne concernant que les films
comiques.
Cet acteur si personnel et si brillant, si familier aussi, eut une triste
fin. Devenu presque impotent, cloué dans un fauteuil, le feu de sa cigarette
se communiqua à ses vêtements. Il mourut ainsi, brûlé, le 21 juillet 1966,
dans sa maison, au Vésinet.

Yves
Allégret

Gérard Philipe
Né le 4 Décembre 1922 à Cannes (France)
Décédé le 25 Novembre 1959 à Paris (France) (cancer du foie)
Superstitieux,
il modifia son nom pour que celui-ci compte treize lettres. Il a créé en 1945
Caligula, la pièce d'Albert Camus. Puis, il est entré au TNP et a interprété,
entre autres Le Cid, Le Prince de Hombourg... Il a réussi une
belle carrière au Cinéma avec des rôles importants dans Le Diable au corps
(1949, Claude Autant-Lara), Fanfan la Tulipe (1951, Christian-Jaque),... Mais
la maladie aura raison de lui...


Madeleine Robinson

Julien Carette
Réalisation :
Yves Allégret (Réalisateur)
Jacques Sigurd (Scénariste et dialoguiste)
Henri Alekan (Photographie)
Les acteurs :
Madeleine Robinson (Marthe)
Gérard Philipe (Pierre)
Jean Servais (Fred)
Julien Carette (Le voyageur)
Jane Marken (Mme. Mathieu)
Mona Dol (Mme. Curlier)
Gabrielle Fontan (La vieille dame)
André Valmy (Georges)
Equipe musicale:
Maurice Thiriet
Enregistrement : DVD.15.O.