"Translation" "Astuce"
Un
extrait vidéo de ce film
Nuages
de mots-clés
Vous pouvez
bookmarquer la page en survolant
| Réalisateur |
René CLEMENT |
| Année |
1955 |
| Nationalité |
|
| Genre |
Drame |
| Durée |
1H53 |
| Acteurs principaux |
Mathilde CASADESUS, Hubert DE LAPPARENT, Suzy DELAIR, FLORELLE, Jacques HARDEN, Jany HOLT, Lucien HUBERT, Armand MESTRAL, François PERIER, Maria SCHELL |
Drame
Réalisation : René Clément
Distribution : Maria Schell, François Perier, Suzy Delair
France
Durée 113'
1956
N&B
A Paris, à la fin du
XIXe siècle, le triste destin de Gervaise, une blanchisseuse que son amant,
Lantier, a abandonnée avec ses deux enfants. Elle devient la femme de Coupeau,
un ouvrier couvreur, qui tombe d'un toit pendant son travail. L'inaction forcée
à laquelle cet accident le condamne le mènera à l'alcoolisme.
Cette minutieuse adaptation de "L'Assommoir", d'Emile Zola, brille
par une rare qualité technique et un réalisme saisissant. Le film fut d'ailleurs
nominé pour l'Oscar du meilleur film étranger. La scène de la bataille des
blanchisseuses est particulièrement mémorable.
Les acteurs :
| Gervaise |
Maria Schell |
| Coupeau |
François Périer |
| Gouget |
Jacques Harden |
| Lantier |
Armand Mestral |
| Virginie |
Suzy Delair |
| Mme Boche |
Mathilde Casadesus |
| Mme Lorilleux |
Jany Holt |
| M. Lorilleux |
Hubert de Lapparent |
| M. Poisson |
Lucien Hubert |
| Maman Coupeau |
Florelle |
| Mme Fauconnier |
Rachelle Devirys |
Scénariste |
Jean AurenchePierre Bost |
| |
|
Productrice |
Agnès Delahaie |
Production |
C.I.C.C. Films, France |
Productions Cinématographiques Sylver FilmsFrance |
| Compositeur |
Georges Auric |
| Directeur de la photographie |
Robert Juillard |
| Monteur |
Henri Rust |
| Chef décorateur |
Paul Bertrand Roger Briaucourt |
| D'après l'oeuvre de |
Emile Zola |
Secrets de tournage :
Inspiré de Zola |
Bien que le titre ne soit pas extrêmement explicite, Gervaise est inspiré du célèbre roman d'Emile Zola, L'Assommoir. Ce classique de la littérature française avait déjà fait l'objet de trois adaptations : la première en 1909 par Albert Capellani, la deuxième en 1921 par Charles Maudru, et la dernière en 1933 par Gaston Roudes. |
Version américaine mutilée |
Gervaise sortit aux Etats-Unis dans une version assez largement censurée. Parmi les coupes les plus notables, on peut mentionner la dispute entre Gervaise et Virginie, cette dernière recevant une fessée à l'aide d'un battoir à linge : la version américaine, plus prude, ne montre pas les fesses de Virginie. |
Nommé aux Oscars |
Gervaise fut nommé aux Oscars 1957 pour le prix du Meilleur film étranger, mais sans l'obtenir au final. |




| Maria Schell |
.... |
Gervaise Macquart |
| François Périer |
.... |
Henri Coupeau |
| Jany Holt |
.... |
Mme. Lorilleaux |
| Mathilde Casadesus |
.... |
Madame Boche |
| Florelle |
.... |
Maman Coupeau |
| Micheline Luccioni |
.... |
Clemence |
| Lucien Hubert |
.... |
M. Poisson |
| Jacques Harden |
.... |
Goujet |
| Jacques Hilling |
.... |
Mon. Boche |
| Amédée |
.... |
Mes Bottes |
| Hubert de Lapparent |
.... |
M. Lorilleux |
| Hélène Tossy |
.... |
Mme. Bijard |
| Rachel Devirys |
.... |
Mme. Fauconnier |
| Jacqueline Morane |
.... |
Mme. Gaudron |
| Yvonne Claudie |
FICHE TECHNIQUE
Pays : France
Durée : 1h42
Année : 1956
Réalisation : René CLEMENT
Scénario et dialogues : Jean AURENCHE et Pierre BOST, d'après L'Assommoir d'Emile Zola.
Directeur de la photographie : Robert JUILLARD
Ingénieur du son : ARCHAMBAULT
Décorateur : Paul BERTRAND
Musique : Georges AURIC (Paroles des chansons : Raymond QUENEAU)
Production : Agnès DELAHAIE – Production Cinématographique – Silver Films
Interprète : Maria SCHELL (Gervaise), François PERIER (Coupeau), Suzy DELAIR (Virginie) Armand MESTRAL (Lantier)…
Récompense au Festival de Venise 1956 : Grand prix de la Critique – Coupe Volpi pour l'interprétation de Maria SCHELL
Film nommé pour les Oscars à Hollywood
| 1852. Lantier, compagnon de Gervaise depuis huit ans, l'abandonne avec ses deux enfants. Gervaise apprend la nouvelle au lavoir où, narguée par Virginie, elle déchaîne une furieuse bataille. Elle finit par administrer à Virginie une spectaculaire fessée à coup de battoir. Pour élever ses deux petits, elle décide de lutter seule, mais ne tarde pas à épouser Coupeau, un ouvrier couvreur sérieux et bon enfant. Bientôt naît une petite fille : Nana. |
| Gervaise travaille dans une blanchisserie. Son rêve est de s'installer à son compte. A force d'économie, elle est sur le point de le voir se réaliser lorsque survient un accident : Coupeau tombe d'un toit et Gervaise, refusant de l'envoyant à l'hôpital, dépense jusqu'à son dernier sou pour le soigner. |
| Après bien des réticences, elle accepte de se faire prêter 500 francs par Goujet, un forgeron ami de son mari, et achète le fond de commerce. |
| La boutique marche bien et Gervaise serait heureuse si elle n'avait pas retrouvé Virginie (mariée à un sergent de la ville : M. Poisson) et si Coupeau, gardant rancune à son ancien métier, n'avait pas prolongé sa convalescence, sombrant chaque jour dans l'alcoolisme. |
| Virginie tient sa vengeance. Elle s'insinue dans les bonnes grâces de Gervaise et ramène Lantier qui rôde dans le quartier. |
| Au cours du dîner de fête de Gervaise, Coupeau, ivre à son habitude, se prend d'amitié pour Lantier et l'introduit lui-même sous son toit. Peu après, il l'installe définitivement chez lui. Gervaise, effrayée, laisse faire, d'autant moins soutenue que Goujet est alors en prison pour avoir osé fomenté une grève. Et l'inévitable se produit : Lantier profite d'une nuit où l'état de Coupeau rend le lit conjugal inhabitable pour entraîner Gervaise de force dans sa chambre. Goujet, apprenant la vérité, part alors dans le Nord emmenant comme apprenti le fils aîné de Gervaise : Etienne. |
| Désormais, plus rien ne peut soutenir Gervaise. Son courage l'abandonne. Elle n'est plus que l'esclave des deux hommes qui boivent. L'état de Coupeau empire et Lantier croit le moment opportun de proposer à Gervaise de vendre la blanchisserie. Il a trouvé une acheteuse : Virginie. Gervaise comprend soudain la vengeance de Virginie et sa complicité avec Lantier. Elle les chasse. |
| Coupeau, au cours d'un violent accès de « delirium tremens », saccage la boutique. Il meurt à l'hôpital peu après. Virginie prend alors possession de la blanchisserie et la transforme en confiserie. Lantier n'a même pas à déménager pour vivre désormais à ses crochets. |
| Gervaise, demeurée seule, désemparée, s'anéantit à son tour dans la boisson. Nana, livrée à elle-même dès l'âge de six ans, traîne les rues et fait déjà la coquette au milieu d'une petite cour de garnements. |
L'adaptation
René Clément a tiré son film du roman d'Emile Zola : L'Assommoir. Paru en 1877, L'Assommoir fait partie de la série des Rougon-Macquart. Zola, chef de file et grand théoricien de l'école naturaliste, dénonçait, à travers la longue histoire d'une famille tarée, l'importance de l'hérédité et fondait la psychologie sur physiologie. Avec l'apparent détachement d'un clinicien, il analysait les réactions d'un tempérament donné dans un milieu donné. Chacune de ses œuvres était consacrée à un milieu différent. L'Assommoir (autrement dit le bistrot) dénonçait à la fois l'alcoolisme et la misère sociale, deux plaies interdépendantes du monde ouvrier en ce XIXe siècle.
Pour tirer de cette fresque monumentale un film d'une heure trois quarts, René Clément a refusé a priori la solution « reader digest » qui consistait à « condenser » l'œuvre, portant à la trahir. Il tenait à conserver dans leur intégrité certaines scènes admirables (la bataille du lavoir, la fête de Gervaise, la scène de saoulographie de Coupeau).
Il fut donc procédé à un premier choix. L'Assommoir devint plus précisément Gervaise.
En résumé, René Clément, avec un respect scrupuleux de l'œuvre d'Emile Zola, réussit un film centré sur un personnage (Gervaise) et constituant une poignante, une hallucinante peinture d'époque.
Contexte historique
Gervaise, situé durant une période allant de 1852 à 1864, nous offre une peinture d'époque qui peut nous sembler noire, mais n'en est pas moins exacte. Les recherches très poussées auxquelles se sont livrés René Clément, Jean Aurenche et Pierre Bost leur ont démontré que certaines des terribles vérités dénoncées par Zola étaient encore édulcorées (journées de travail pour hommes, femmes et enfants variant de 15 à 18 heures par jour). L'épisode de la grève et des condamnations fut relevé dans les archives de la justice. A cette époque où n'existaient ni retraites ni assurances sociales, où les salaires étaient excessivement bas, accident ou maladie suffisaient à jeter une famille dans la plus noire misère. Quant aux vieillards, s'ils n'avaient pas d'enfants pour les faire vivre, ils n'avaient plus qu'à mourir. Dans cette sorte d'enfer sans espoir, les hommes – et même les femmes - étaient des proies offertes à l'alcoolisme qui causait d'épouvantables ravages.
Musique
La musique due à Georges Auric est généralement discrète et peu abondante au cours du film.
Nous donnons ci-dessous les paroles de la Chanson de Gervaise, écrites par Raymond Queneau. Leur symbolique se passe d'explication. Toute la vie psychologique de Gervaise s'y trouve incluse :
« A quoi bon rêver de nid et d'oiseau,
Si l'oiseau s'envole et si le nid tombe
Si le pigeon meurt, si meurt la colombe,
A quoi bon rêver de nid et d'oiseau ?
A quoi bon dormir si la nuit s'efface,
S'il faut de nouveau retrouver les heures,
S'il faut de nouveau retrouver les pleurs
A quoi bon dormir si la nuit s'efface ?
Les jours et les nuits tournent dans ma tête
Les jours et les nuits déchirent ma vie.
A quoi bon rêver…
Laissez-moi dormir, laissez-moi… »
Les voilà telles qu'elles furent chantées par Maria Schell avec une émotion bouleversante.
Un extrait Vidéo Ouvrir le lien Hypertexte
Enregistrement : DVD.14.E.
| Nombre de visiteurs | |
| Actuellement : | 9 |
| Aujourdhui : | 28 |
| Ce mois : | 10 132 |
| depuis le 24/11/10 : | 263 662 |